Les aliments “interdits” pour maigrir existent-ils vraiment ?
- chertempsemilie
- 20 mai
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 2 jours

Et si le problème n'était pas l'aliment… mais l'interdiction elle-même ?
« Je ne devrais plus manger de pain. »
« Le chocolat, c'est interdit. »
« Les pâtes font grossir. »
« Le sucre est mon ennemi. »
Si ces phrases vous semblent familières, rassurez-vous : vous êtes loin d'être la seule personne à les avoir prononcées.
En consultation, je les entends presque tous les jours.
Lorsque l'on souhaite perdre du poids, le premier réflexe est souvent de supprimer certains aliments. Le pain disparaît de la table, les pâtes deviennent suspectes, le chocolat est réservé aux « craquages » et le sucre prend l'étiquette d'ennemi numéro un. Au départ, cette stratégie procure un sentiment de maîtrise.
On a l'impression de bien faire, de reprendre les choses en main et d'avancer vers son objectif.
Pourtant, cette sensation est souvent de courte durée. Peu à peu, l'alimentation devient une succession de règles à respecter.
Chaque repas demande de réfléchir, de calculer, de résister. Et plus un aliment est interdit, plus il semble occuper une place importante dans nos pensées.
C'est un paradoxe que beaucoup de personnes découvrent avec étonnement : l'interdiction rend souvent un aliment beaucoup plus attirant.
Pourquoi pense-t-on autant aux aliments que l'on s'interdit ?
Imaginez que je vous demande de ne surtout pas penser à un éléphant rose.
Il y a de grandes chances que ce soit précisément la première image qui vous vienne à l'esprit.
Avec l'alimentation, le cerveau fonctionne de manière assez similaire. Lorsqu'un aliment devient interdit, il attire davantage notre attention.
Nous nous surprenons à y penser régulièrement, parfois plusieurs fois par jour.
On négocie avec soi-même, on résiste, puis on finit parfois par céder.
Immédiatement après apparaît la culpabilité, accompagnée de cette petite voix qui promet de recommencer « sérieusement » dès le lendemain.
Beaucoup interprètent ce scénario comme un manque de volonté.
En réalité, il s'agit surtout d'une réaction normale face à la restriction.
Notre cerveau n'apprécie pas les privations et il a tendance à accorder encore plus de valeur à ce qui lui est interdit.
Le problème n'est pas le morceau de chocolat
Nous avons souvent appris à croire que certains aliments faisaient grossir tandis que d'autres faisaient maigrir. La réalité est pourtant beaucoup plus nuancée.
Aucun aliment, pris isolément, n'est responsable d'une prise de poids.
Notre poids dépend d'un ensemble de facteurs qui interagissent entre eux : notre alimentation dans sa globalité, notre niveau d'activité physique, notre sommeil, notre stress, nos émotions, notre histoire avec les régimes, mais aussi notre fonctionnement hormonal ou encore notre patrimoine génétique.
Un morceau de chocolat partagé après un repas, une pizza dégustée entre amis ou une glace pendant les vacances ne remettent pas en cause une alimentation équilibrée.
En revanche, vivre dans un contrôle permanent, alterner périodes de restriction et épisodes de compulsions ou culpabiliser après chaque aliment plaisir peut entretenir une relation difficile avec la nourriture et rendre la perte de poids plus compliquée.
Quand le corps se sent privé, il cherche à se protéger
Notre organisme possède une priorité absolue : nous maintenir en vie.
Lorsqu'il perçoit qu'il reçoit moins d'énergie que d'habitude ou qu'il vit des périodes répétées de restriction, il met en place différents mécanismes de protection. La faim devient plus présente, les envies d'aliments riches en énergie augmentent et les pensées tournent davantage autour de la nourriture.
Ce n'est pas un dysfonctionnement.
C'est au contraire un système remarquablement efficace qui nous accompagne depuis des milliers d'années.
Le corps ne sait pas que vous préparez l'été ou que vous avez commencé le régime à la mode vu sur les réseaux sociaux.
Il ne comprend qu'une chose : il reçoit moins que ce dont il a besoin et il tente naturellement de compenser.
Sortir enfin du mode « tout ou rien »
C'est précisément là que l'alimentation intuitive apporte un autre regard.
Contrairement à ce que l'on imagine parfois, elle ne consiste pas à manger tout ce dont on a envie sans limite ni réflexion. Elle invite plutôt à reconstruire une relation de confiance avec son corps.
Progressivement, on apprend à reconnaître sa faim, à respecter son rassasiement, à retrouver le plaisir de manger sans culpabilité et à considérer les aliments avec davantage de neutralité. Les notions de « bons » et de « mauvais » aliments laissent peu à peu place à une alimentation plus souple, plus sereine et mieux adaptée aux besoins de chacun.
Et c'est souvent à ce moment-là qu'un phénomène surprenant se produit : les aliments autrefois interdits perdent une grande partie de leur pouvoir.
Le chocolat n'est plus une obsession. Les biscuits peuvent rester plusieurs jours dans le placard. Une tablette de chocolat ne provoque plus forcément l'envie de la terminer d'un seul coup.
Non pas parce qu'il faut davantage de volonté, mais parce que l'interdit a disparu.
« Si je m'autorise tout, je vais perdre le contrôle… »
Cette inquiétude est extrêmement fréquente, surtout chez les personnes qui ont enchaîné les régimes pendant des années.
Et elle est tout à fait compréhensible.
Lorsque l'on s'est privé longtemps, il est normal que certains aliments prennent beaucoup de place au début.
Le corps et le cerveau ont besoin de temps pour comprendre que la restriction n'est plus permanente.
Petit à petit, les envies deviennent moins envahissantes, les repas retrouvent leur simplicité et les aliments perdent leur caractère exceptionnel.
Ce processus demande parfois de la patience, mais il permet souvent d'installer une relation à l'alimentation beaucoup plus stable que celle entretenue par les régimes successifs.
Et si manger redevenait simple ?
Au fond, le véritable combat n'est peut-être pas contre le pain, les pâtes ou le chocolat.
Il se joue souvent dans cette lutte intérieure permanente où l'on passe son temps à contrôler, résister, compter, culpabiliser et recommencer.
Et si prendre soin de votre santé consistait plutôt à faire confiance à votre corps, à écouter vos sensations alimentaires et à retrouver le plaisir de manger sans peur ?
Parce qu'au fond, aucun aliment ne mérite de prendre autant de place dans votre vie.
Retrouver une relation apaisée avec l'alimentation ne signifie pas renoncer à prendre soin de sa santé ou de son poids.
Cela signifie apprendre à le faire autrement, avec davantage d'écoute, de bienveillance envers soi-même et de sérénité. Et c'est souvent à partir de là que les changements les plus durables deviennent possibles.
Émilie Chertemps
Diététicienne nutritionniste
J'accompagne les personnes qui souhaitent sortir des régimes, retrouver une relation sereine avec leur alimentation et prendre soin de leur santé grâce à une approche fondée sur l'alimentation intuitive et comportementale. Je vous accueille au cabinet, au Pôle Santé de Marguerittes, ou en téléconsultation.



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