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Je veux perdre du poids : comment définir un objectif réaliste et durable ?

chertempsemilie
30 sept.
5 min de lecture

« Moi, je voudrais perdre 30 kg. »
C’est une phrase que j’entends régulièrement en consultation.
Et lorsque quelqu’un me dit cela, je ne réponds pas immédiatement : « D’accord, voyons comment perdre ces 30 kg. »

Parce que derrière un chiffre, il y a souvent beaucoup plus qu’un objectif de poids.
Parfois, c’est le poids que l’on faisait avant les grossesses. Celui que l’on avait à 20 ou 30 ans. Celui dans lequel on se sentait bien à une certaine période de sa vie.

Parfois, c’est simplement le poids que l’on imagine être « le bon ».

Et souvent, derrière ces kilos à perdre, il y a surtout une envie de retrouver quelque chose : se sentir mieux dans son corps, remettre certains vêtements, bouger plus facilement, améliorer sa santé ou simplement ne plus passer son temps à penser à son poids.

Mais peut-on vraiment choisir son poids ?

C’est une question que l’on pose rarement.
On peut évidemment avoir un objectif de perte de poids. Mais cela ne signifie pas que l’on peut décider précisément du poids que notre corps va atteindre et surtout maintenir.

Notre poids est influencé par de nombreux facteurs : notre histoire pondérale, notre alimentation, notre activité physique, notre environnement, mais aussi des facteurs biologiques et génétiques.

Il existe donc une différence entre le poids que l’on aimerait atteindre et le poids que notre corps est capable de maintenir durablement dans les conditions de vie qui sont les nôtres.

Et cette différence peut être importante.

Quand le chiffre devient une obligation

Le problème n’est pas d’avoir envie de perdre du poids.
Le problème peut commencer lorsque le chiffre devient une obligation.
Par exemple :
« Il faut absolument que j’arrive à 65 kg. »
Et si le corps se stabilise à 75 kg ?
Alors on recommence à réduire les quantités.
On supprime certains aliments.
On refuse de manger quand on a faim parce que « ce n’est pas l’heure ».
On essaie de tenir.
Pendant quelques semaines, parfois quelques mois, cela fonctionne.
Puis la faim augmente, les envies deviennent plus présentes, la frustration s’installe.
Et un jour, on mange davantage.
Le poids remonte.

Et la conclusion est souvent : « Je manque de volonté. »

Alors que le problème n’était peut-être pas un manque de volonté.
Peut-être que l’objectif demandait simplement un niveau de restriction difficile à maintenir dans la durée.

Le piège du « je recommence lundi »

C’est ainsi que certaines personnes se retrouvent pendant des années dans le même cycle :
restriction → frustration → perte de contrôle → culpabilité → nouveau régime.
Chaque nouveau régime est souvent accompagné d’un nouvel espoir.
« Cette fois, je vais y arriver. »

Et quand cela ne fonctionne pas durablement, la personne finit parfois par penser qu’elle est incapable de perdre du poids, qu’elle n’a aucune volonté ou qu’elle ne sait pas se contrôler.

Pourtant, ce fonctionnement est beaucoup plus complexe que cela.
À force de multiplier les règles alimentaires, on peut aussi perdre progressivement le contact avec ses propres sensations.
Est-ce que j’ai faim ?
Est-ce que j’ai encore faim ?
Est-ce que j’ai envie de cet aliment ou est-ce que je le mange parce que je me l’interdis depuis trois semaines ?
Est-ce que je peux m’arrêter sans avoir l’impression que je n’aurai plus jamais le droit d’en manger ?
Ces questions sont au cœur de l’approche comportementale.

Et l’IMC dans tout ça ?

L’IMC, ou indice de masse corporelle, est un indicateur utilisé en santé publique et en médecine pour situer une corpulence à partir du poids et de la taille.
Il peut être utile dans l’évaluation d’une situation de santé.

Mais il ne permet pas, à lui seul, de déterminer le poids qu’une personne devrait faire.

Deux personnes ayant le même IMC peuvent avoir des histoires, des compositions corporelles, des habitudes de vie et des problématiques de santé très différentes.
L’IMC est donc un indicateur parmi d’autres, pas une prescription de poids.
Et surtout, il ne permet pas de savoir comment une personne vit avec son alimentation ou avec son corps.

Alors, quel objectif ?

C’est justement là que mon approche diffère d’une simple prescription de régime.
Je ne cherche pas forcément à remplacer « 30 kg à perdre » par un autre chiffre.
Je préfère commencer par comprendre où vous en êtes.
Comment mangez-vous aujourd’hui ?
Avez-vous faim ?
Vous arrive-t-il de manger sans faim ?
Avez-vous peur de certains aliments ?
Passez-vous beaucoup de temps à penser à ce que vous avez le droit ou non de manger ?
Est-ce que vous alternez entre contrôle et perte de contrôle ?
Comment vivez-vous votre poids au quotidien ?
Et surtout : qu’est-ce que vous aimeriez réellement changer dans votre vie ?

Parce que prendre soin de sa santé ne se résume pas à faire descendre un chiffre sur une balance.
Cela peut aussi vouloir dire retrouver une alimentation plus régulière, manger avec moins de culpabilité, retrouver ses sensations alimentaires, bouger avec davantage de plaisir, améliorer certains paramètres de santé ou simplement arrêter de penser à la nourriture toute la journée.

Et si le poids ne descendait pas autant que prévu ?

C’est une question importante à pouvoir poser.
Parce qu’une perte de poids peut être bénéfique pour certaines personnes, notamment sur certains facteurs de risque ou problèmes de santé.
Mais rechercher à tout prix un poids très éloigné du poids actuel peut aussi conduire à une restriction importante et durable.
Il est donc intéressant de se demander non seulement :
« Combien de kilos puis-je perdre ? »
mais aussi :
« Comment vais-je vivre pour maintenir ce poids ? »
Si la réponse est : « Je vais devoir me restreindre en permanence », cela mérite probablement d’être questionné.

Un objectif de poids n’a de sens que s’il peut trouver sa place dans une vie réelle.
Une vie où l’on travaille, où l’on sort, où l’on mange au restaurant, où l’on part en vacances, où l’on traverse des périodes de stress, où l’on dort parfois mal… bref, une vie normale.

En consultation, je ne vous donne pas de poids idéal

Je ne vais pas vous dire : « Votre poids idéal est de X kilos. »
Je ne pèse pas systématiquement mes patients et je ne demande pas de peser leurs aliments.
Ce qui m’intéresse, c’est ce qui se passe entre vous et votre alimentation, et comment nous pouvons retrouver quelque chose de plus serein.

L’alimentation intuitive et comportementale ne consiste pas à abandonner toute notion de santé ou à manger « n’importe quoi ».

Elle consiste notamment à retrouver progressivement ses sensations alimentaires, à sortir de certaines règles rigides et à comprendre les comportements qui se sont installés au fil du temps.
Parce qu’on peut vouloir prendre soin de sa santé, souhaiter perdre du poids et, en même temps, arrêter de faire de son poids le centre de toute sa vie.
Et parfois, le premier changement n’est pas de perdre encore quelques kilos.

C’est de sortir de la guerre avec son corps et son assiette.

Si vous avez envie d’aller plus loin dans ce travail autour du poids, de l’alimentation et de la relation au corps, j’ai créé Libre & Légère, un accompagnement qui s’inscrit dans cette même approche.

Un chemin pour sortir peu à peu du contrôle, des régimes et de la culpabilité, et retrouver une relation plus apaisée avec son alimentation et son corps.

Libre & Légère se découvre à votre rythme, lorsque vous sentez que c’est le bon moment pour vous.
 
 
 

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Emilie CHERTEMPS EVRARD
Diététicienne nutritionniste
Spécialisée en alimentation Intuitive et Comportementale
 

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